L’Assermentation

Ma fille aînée assiste à la cérémonie d’assermentation de nouveaux citoyens d’une de ses amies et de sa famille.

Aux nouvelles du soir, je vois un reportage sur l’événement, une journaliste tend le micro à trois nouveaux citoyens. Une jeune femme qui semble sud-américaine, dit : « J’aime le Québec, c’est un endroit calme. » Un homme dans la cinquantaine, peut-être méditerranéen, je ne sais trop, déclare : « Nous avons choisi le Québec à cause de la francophonie. Puisque nous parlons français, nous pourrons plus facilement nous bâtir ici un meilleur avenir. »

C’est drôle, deux des trois parlent du Québec plutôt que du Canada.

C’est peut-être un peu qu’il s’agit d’immigrants de la région de Québec. La région de Québec étant massivement francophone et massivement québécoise de souche, les immigrants s’y intègrent plus facilement. Ils parlent français, ils travaillent, leurs enfants se mêlent aux nôtres, il n’y a pas de quartiers ethniques.

« Ils nous ont fait chanter l’hymne national, me raconte ma fille. Ils ont fait jouer un enregistrement, autour de moi, ça marmonnait pas mal, personne n’avait l’air de savoir les paroles. »

Il y avait un gars en avant qui a fait un discours sur le Canada, il disait aux gens des choses du genre de : « Vous êtes venus trouver ici la paix que vous n’avez pas pu trouver ailleurs, bla, bla, bla… » Ça a beaucoup amusé ma fille, ses amis viennent d’un pays sud-américain très paisible. Elle faisait remarquer que ce serait drôle si il y avait des gens de Suisse parmi les nouveaux citoyens, vous savez, la Suisse, ce pays qui est resté neutre et en paix même au coeur de l’Europe des deux guerres mondiales…

Et elle a raconté à ses deux soeurs cadettes qu’ils ont ensuite prêté serment à la reine Élisabeth, reine du Canada. Et ça a été la prévisible discussion de « c’est pas la reine de l’Angleterre, elle? », « Pourquoi c’est la reine du Canada aussi? », « C’est con les rois pis les reines, à part être rois, qu’est-ce qu’ils font? » et patati et patata.

J’étais content pour nos amis, c’était une grande et importante journée pour eux.

Contre la Réforme – Normand Baillargeon

La dérive idéologique du système d’éducation québécois.

Un petit livre de moins de 200 pages de Normand Baillargeon. Un livre à lire. Quelques morceaux choisis.

« […] est une éducation libérale, au sens que l’on confère à ce mot en philosophie de l’éducation. Une telle éducation cherche d’abord à libérer de l’ignorance et de la superstition, à soustraire à la contingence « du présent et du particulier ». Elle accorde pour cela prépondérance au développement de la pensée rationnelle, lequel est visé par la mise en contact avec des formes de savoirs historiquement développées et adoptées parce qu’elles sont intrinsèquement valables plutôt qu’extrinsèquement opportunes, que ce soit sur la plan social, politique ou économique. » (p.26)

« Le modèle libéral d’éducation […] cherche à garantir l’autonomie du sujet. Il le fait d’une manière très particulière, qui consiste à l’arracher au présent et au particulier en le plongeant dans l’universel – le Vrai, le Juste et le Beau. » (p.43)

Le Vrai, le Juste et le Beau, c’est de Platon. Oui, le beau, c’est subjectif, c’est imposé par la société, c’est élitiste pis tout, mais Beethoven vaut plus que Miley Cyrus.

« Ce rejet du réalisme extérieur […] sont des thèses lourdes de conséquences […]. L’éducation devient tout autre dès lors qu’il n’y a plus de réel existant indépendamment de nos représentations, dès lors que la physique, par exemple, n’est qu’un discours parmi d’autres, et dès lors que toutes les représentations viables se valent. Tout cela a pris, en éducation, de très fortes connotations de ce que je ne peux qu’appeler une sorte de haine du savoir. […] Le plus terrible […] est que cette conception du savoir interdit de penser la différence entre le savoir et l’opinion. » (p.32)

Confondre le savoir et l’opinion. Platon en pleurerait. Descartes aussi. Et j’en ai froid dans le dos.

Monsieur Baillargeon aurait récemment, selon ce que je comprends, été « démissionné » de l’UQAM. C’est, je crois, un crime.

Point de Mire – Québec opening up to the world

René Lévesque, Point de Mire. Archives de Radio-Canada.

From 1956 he hosted the television series « Point de mire » (Focal Point) and became one of Québec’s most influential TV commentators. Short, balding and chain-smoking, Lévesque lacked the good looks for this emerging visual medium, but his intelligence and wit, and his ability to explain world events to a domestic audience, enabled him to become one of Québec’s first TV stars.

The Canadian Encyclopedia – René Lévesque

Isn’t it ironic that world events were explained to quebeckers like they never were before by a separatist? You know one of those separatists who are closed to the outside world, who would like the people to remain ignorant and whose goal is to isolate Québec from the rest of the world…

 

 

KKKébec

KKKébec

We are hateful and racist. Of course.

The original cartoon

The original cartoon…

The original text.

The original text…

KKKebec, Three Ks as in KKK, Klu Klux Klan, I have seen this clever joke once in a while.

I would like to point out that the KKK was a WASP thing, WASP as in white anglo-saxon protestant. While we are white, we are not anglo-saxon nor protestant. If one was to look at the history of the KKK in Canada, one would see that « the canadian Klansmen had a fanatical hatred for all things Roman Catholic ». The well informed reader will know that Québec population was mostly roman catholic.

Since Québec population was mostly roman catholic and french speaking, this anglo protestant supremacist organisation had little appeal in Québec.

In Saskatchewan, however, the KKK claimed to have 40,000 members in the 1920s. Forty thousands out of a population of 750,000 (1921 Sask. pop.). We are talking about 5% of the population. For some unkown reasons, there are no Heritage Minutes about this.

So the joke should be KKKanada, or more accurately, SasKKKatchewan.

But don’t let the facts get in the way of a good story : Québec society is a racist society and picturing Québec society as racist klansmen is of course not racist.

Why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?

Toronto was already growing faster than Montréal in early twentieth century and was outgrowing Montréal as early as the 1930s. And it did so, in large part, because of international immigration. But why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?

Lieu de naissance 1941The 1941 canadian census tells us that 65% of canadians born outside Canada were born in another british country or in the United States. Is it any surprise that those english speaking immigrants chose Toronto over Montréal?

Here is another thing that I have found in this 1941 census :

Autres pays européens 1941In the right half of the table, non bristish european countries of origine are listed. It took a while for me to notice, yet, once you see it, it is so obvious. Do you see anything odd?

France and Belgium are not even on the list. Odd.

We said it earlier, Toronto outgrew Montréal thanks to, in large part, international immigration. And I add that it outgrew Montréal thanks to british and english speaking international immigration.

 

 

 

Why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?

In a recent post, I presented a graph that suggested that international immigration to Ontario was more important than migration from Québec to Ontario. Here is another interesting map about this :

Répartition de la population immigrante 1981This map is taken from the canadian 1981 census. One will note that, in 1981, 52,4% of the immigrant population in Canada lived in Ontario, this by far the largest share of the immigrant population. Ontario is followed by British Colombia, 16,3%, and Québec, 13,6%. Ontario historically (and still today) drained the largest share of international immigration to Canada. That’s why, in 1981, 23,6% of the ontarian population was born outside of Canada, which made at the time (and still today) Ontario the province having the largest proportion of immigrants, and greatly contributed to making Ontario the largest province of Canada.

Which still raises the question : why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?