Archives de l’auteur : Michel Patrice

A propos Michel Patrice

Je suis du Québec.

Conrad Black on Québec economy. A mind boggling paper from the National Post.

October 20th, 2017. Conrad Black writes about Québec economy. You can read the full paper here.

Here is a selected and interesting piece :

The Quebec economy, which has shed most of its resource and cheap labour manufacturing base to become, with subventions, a public sector and white collar service economy, has suddenly become a Canadian centre for innovation and skillful adaptation to the reality that technological advance, for the first time, creates more unemployment than employment. It’s become a model for fiscal prudence and economic growth […].

Quebec has suddenly emerged with a $4.5 billion dollar budgetary surplus, and 2.9 per cent economic growth rate, and a leading economic performance that the country could emulate.

Leading economic performance? How refreshing to read this in the National Post.

The paper doesn’t tell much about how Québec became the economic leader that it became and goes lenghtly about Québec’s history, casually renewing, among other things, accusations of  «anglophobic and anti-semitic racism».

This paper praising Québec economic performance, being written by Conrad Black who never mist a chance to spit on Québec, must be mind boggling for National Post readers. If the paper itself is interesting, the comment section is equally interesting. The comments show outrage, contempt and frustration. Many predictably bring back equalization payments.

A well informed reader wrote : «Any province in Canada would be doing as well if they were receiving the kind of handouts Quebec gets». That Manitoba, Nova Scotia, New Brunswick and PEI receive a lot more money per capita seems irrelevant to him.

Another wote : « Too bad they have their own language that is forced upon them… Imagine if they could communicate with the rest of Canada and the world around them.» Yes, we are guilty of speaking french, yet it seems that we can nevertheless communicate quite fine with the rest of the world. As a result, it seems that countries that Québec exports to are more diversified than the countries that Canada exports to, as shown by this graph :

ExportationsQuébec

We can communicate quite fine with the rest of the world. Thank you.

«Nous sommes un peuple inculte et bègue, mais nous ne sommes pas sourds au génie d’une langue.»

 

 

 

 

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L’improbable alliance

Les amérindiens qui peuplaient le territoire québécois avant l’arrivée des européens étaient nomades et, ne travaillant pas le métal et n’ayant pas d’écriture, étaient littéralement à l’âge de pierre. Les français, eux, avaient déjà atteint le stade de l’État organisé et de l’Empire, ils maîtrisaient le canon et l’arme à feu et pouvaient traverser l’Atlantique.

Et malgré les années lumières qui les séparaient, ils ont collaboré, économiquement et militairement, ont été alliés, ont appris les uns des autres, se sont métissés, et ceci est, dans l’histoire de l’humanité, quelque chose d’aussi improbable qu’extraordinaire. Et c’est quelque chose que nous semblons incapables de voir.

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Je cherche dans l’histoire de l’humanité un autre exemple d’une telle collaboration entre deux groupes si différents, et j’ai peine à trouver. Les histoires de confrontations ne manquent pas, je pense de Gengis Khan, à Alexandre le Grand, à la marche de l’Empire Romain, aux invasions barbares. Mais des exemples de collaborations? Je cherche.

On m’a déjà dit que d’autres colonisateurs ailleurs s’étaient alliés à des chefs locaux pour dominer des peuples ; par exemple, les britanniques et les français qui s’allièrent aux maharajas des Indes. Or ces maharajas ne sont pas un bon exemple car ils connaissaient l’écriture, travaillaient le métal, avaient des États organisés , construisaient de grands édifices de pierres, etc. Ils étaient à des stades de développement relativement proches des français et des britanniques.

Quand les européens entreprirent leur avancée vers l’ouest en traversant l’Atlantique, les vikings s’installèrent brièvement à Terre-Neuve et disparurent rapidement, les espagnols anéantirent l’empire incas, les anglais chassèrent les amérindiens. Et il y eut les français et une improbable alliance se format entre deux groupes extraordinairement différents l’un de l’autre.

Les choses se sont gâtées par la suite et il y avait eu les épidémies qui ont décimé les nations amérindiennes, les réserves et les pensionnats, etc. Mais il y aura eut cette improbable et extraordinaire alliance qui aura duré un siècle et demi.

Et cette extraordinaire histoire, c’est la nôtre.

P.S.

Ce cours article ne fera sans doute pas l’unanimité et on m’accusera sans doute de vouloir me donner bonne conscience. Je m’y attends. Il ne manquera sans doute pas d’anglos pour me dire que les français ont été dégueulasses et que les québécois sont racistes, mais je serais curieux surtout d’entendre le point de vue d’amérindiens, c’est un point de vue qu’on n’entend pas trop.

 

Intending to teach Parti Québécois a lesson, Sun Life moves to Toronto (1978)

January 1978. After 107 years in Montréal, Sun Life will be moving to Toronto. Motivated by the political instability and economic uncertainty of Quebec’s future and unwilling to comply with the requirements of Bill 101, Sun Life, according to its president Thomas Galt, intends to teach Parti Québécois a lesson.

In the months and years that followed, Sun Life business in Québec fell by 40% and Sun Life would soon no longer be number one in the Québec personnal insurance market. Both francophone runned Desjardins and Industrielle Alliance took the lead.

According to Jacques Parizeau «L’exode d’une partie de la bourgeoisie anglophone a donné un coup de fouet à la garde montante francophone qui a acquis argent, respectabilité et autorité morale au cours de ce bouleversement.»

The rising francophone business class was taking over.

L’autre150e, Sun Life, wikipedia

L’Assermentation

Ma fille aînée assiste à la cérémonie d’assermentation de nouveaux citoyens d’une de ses amies et de sa famille.

Aux nouvelles du soir, je vois un reportage sur l’événement, une journaliste tend le micro à trois nouveaux citoyens. Une jeune femme qui semble sud-américaine, dit : « J’aime le Québec, c’est un endroit calme. » Un homme dans la cinquantaine, peut-être méditerranéen, je ne sais trop, déclare : « Nous avons choisi le Québec à cause de la francophonie. Puisque nous parlons français, nous pourrons plus facilement nous bâtir ici un meilleur avenir. »

C’est drôle, deux des trois parlent du Québec plutôt que du Canada.

C’est peut-être un peu qu’il s’agit d’immigrants de la région de Québec. La région de Québec étant massivement francophone et massivement québécoise de souche, les immigrants s’y intègrent plus facilement. Ils parlent français, ils travaillent, leurs enfants se mêlent aux nôtres, il n’y a pas de quartiers ethniques.

« Ils nous ont fait chanter l’hymne national, me raconte ma fille. Ils ont fait jouer un enregistrement, autour de moi, ça marmonnait pas mal, personne n’avait l’air de savoir les paroles. »

Il y avait un gars en avant qui a fait un discours sur le Canada, il disait aux gens des choses du genre de : « Vous êtes venus trouver ici la paix que vous n’avez pas pu trouver ailleurs, bla, bla, bla… » Ça a beaucoup amusé ma fille, ses amis viennent d’un pays sud-américain très paisible. Elle faisait remarquer que ce serait drôle si il y avait des gens de Suisse parmi les nouveaux citoyens, vous savez, la Suisse, ce pays qui est resté neutre et en paix même au coeur de l’Europe des deux guerres mondiales…

Et elle a raconté à ses deux soeurs cadettes qu’ils ont ensuite prêté serment à la reine Élisabeth, reine du Canada. Et ça a été la prévisible discussion de « c’est pas la reine de l’Angleterre, elle? », « Pourquoi c’est la reine du Canada aussi? », « C’est con les rois pis les reines, à part être rois, qu’est-ce qu’ils font? » et patati et patata.

J’étais content pour nos amis, c’était une grande et importante journée pour eux.

Contre la Réforme – Normand Baillargeon

La dérive idéologique du système d’éducation québécois.

Un petit livre de moins de 200 pages de Normand Baillargeon. Un livre à lire. Quelques morceaux choisis.

« […] est une éducation libérale, au sens que l’on confère à ce mot en philosophie de l’éducation. Une telle éducation cherche d’abord à libérer de l’ignorance et de la superstition, à soustraire à la contingence « du présent et du particulier ». Elle accorde pour cela prépondérance au développement de la pensée rationnelle, lequel est visé par la mise en contact avec des formes de savoirs historiquement développées et adoptées parce qu’elles sont intrinsèquement valables plutôt qu’extrinsèquement opportunes, que ce soit sur la plan social, politique ou économique. » (p.26)

« Le modèle libéral d’éducation […] cherche à garantir l’autonomie du sujet. Il le fait d’une manière très particulière, qui consiste à l’arracher au présent et au particulier en le plongeant dans l’universel – le Vrai, le Juste et le Beau. » (p.43)

Le Vrai, le Juste et le Beau, c’est de Platon. Oui, le beau, c’est subjectif, c’est imposé par la société, c’est élitiste pis tout, mais Beethoven vaut plus que Miley Cyrus.

« Ce rejet du réalisme extérieur […] sont des thèses lourdes de conséquences […]. L’éducation devient tout autre dès lors qu’il n’y a plus de réel existant indépendamment de nos représentations, dès lors que la physique, par exemple, n’est qu’un discours parmi d’autres, et dès lors que toutes les représentations viables se valent. Tout cela a pris, en éducation, de très fortes connotations de ce que je ne peux qu’appeler une sorte de haine du savoir. […] Le plus terrible […] est que cette conception du savoir interdit de penser la différence entre le savoir et l’opinion. » (p.32)

Confondre le savoir et l’opinion. Platon en pleurerait. Descartes aussi. Et j’en ai froid dans le dos.

Monsieur Baillargeon aurait récemment, selon ce que je comprends, été « démissionné » de l’UQAM. C’est, je crois, un crime.

Point de Mire – Québec opening up to the world

René Lévesque, Point de Mire. Archives de Radio-Canada.

From 1956 he hosted the television series « Point de mire » (Focal Point) and became one of Québec’s most influential TV commentators. Short, balding and chain-smoking, Lévesque lacked the good looks for this emerging visual medium, but his intelligence and wit, and his ability to explain world events to a domestic audience, enabled him to become one of Québec’s first TV stars.

The Canadian Encyclopedia – René Lévesque

Isn’t it ironic that world events were explained to quebeckers like they never were before by a separatist? You know one of those separatists who are closed to the outside world, who would like the people to remain ignorant and whose goal is to isolate Québec from the rest of the world…