Contre la Réforme – Normand Baillargeon

La dérive idéologique du système d’éducation québécois.

Un petit livre de moins de 200 pages de Normand Baillargeon. Un livre à lire. Quelques morceaux choisis.

« […] est une éducation libérale, au sens que l’on confère à ce mot en philosophie de l’éducation. Une telle éducation cherche d’abord à libérer de l’ignorance et de la superstition, à soustraire à la contingence « du présent et du particulier ». Elle accorde pour cela prépondérance au développement de la pensée rationnelle, lequel est visé par la mise en contact avec des formes de savoirs historiquement développées et adoptées parce qu’elles sont intrinsèquement valables plutôt qu’extrinsèquement opportunes, que ce soit sur la plan social, politique ou économique. » (p.26)

« Le modèle libéral d’éducation […] cherche à garantir l’autonomie du sujet. Il le fait d’une manière très particulière, qui consiste à l’arracher au présent et au particulier en le plongeant dans l’universel – le Vrai, le Juste et le Beau. » (p.43)

Le Vrai, le Juste et le Beau, c’est de Platon. Oui, le beau, c’est subjectif, c’est imposé par la société, c’est élitiste pis tout, mais Beethoven vaut plus que Miley Cyrus.

« Ce rejet du réalisme extérieur […] sont des thèses lourdes de conséquences […]. L’éducation devient tout autre dès lors qu’il n’y a plus de réel existant indépendamment de nos représentations, dès lors que la physique, par exemple, n’est qu’un discours parmi d’autres, et dès lors que toutes les représentations viables se valent. Tout cela a pris, en éducation, de très fortes connotations de ce que je ne peux qu’appeler une sorte de haine du savoir. […] Le plus terrible […] est que cette conception du savoir interdit de penser la différence entre le savoir et l’opinion. » (p.32)

Confondre le savoir et l’opinion. Platon en pleurerait. Descartes aussi. Et j’en ai froid dans le dos.

Monsieur Baillargeon aurait récemment, selon ce que je comprends, été « démissionné » de l’UQAM. C’est, je crois, un crime.

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Point de Mire – Québec opening up to the world

René Lévesque, Point de Mire. Archives de Radio-Canada.

From 1956 he hosted the television series « Point de mire » (Focal Point) and became one of Québec’s most influential TV commentators. Short, balding and chain-smoking, Lévesque lacked the good looks for this emerging visual medium, but his intelligence and wit, and his ability to explain world events to a domestic audience, enabled him to become one of Québec’s first TV stars.

The Canadian Encyclopedia – René Lévesque

Isn’t it ironic that world events were explained to quebeckers like they never were before by a separatist? You know one of those separatists who are closed to the outside world, who would like the people to remain ignorant and whose goal is to isolate Québec from the rest of the world…

 

 

KKKébec

KKKébec

We are hateful and racist. Of course.

The original cartoon

The original cartoon…

The original text.

The original text…

KKKebec, Three Ks as in KKK, Klu Klux Klan, I have seen this clever joke once in a while.

I would like to point out that the KKK was a WASP thing, WASP as in white anglo-saxon protestant. While we are white, we are not anglo-saxon nor protestant. If one was to look at the history of the KKK in Canada, one would see that « the canadian Klansmen had a fanatical hatred for all things Roman Catholic ». The well informed reader will know that Québec population was mostly roman catholic.

Since Québec population was mostly roman catholic and french speaking, this anglo protestant supremacist organisation had little appeal in Québec.

In Saskatchewan, however, the KKK claimed to have 40,000 members in the 1920s. Forty thousands out of a population of 750,000 (1921 Sask. pop.). We are talking about 5% of the population. For some unkown reasons, there are no Heritage Minutes about this.

So the joke should be KKKanada, or more accurately, SasKKKatchewan.

But don’t let the facts get in the way of a good story : Québec society is a racist society and picturing Québec society as racist klansmen is of course not racist.

Why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?

Toronto was already growing faster than Montréal in early twentieth century and was outgrowing Montréal as early as the 1930s. And it did so, in large part, because of international immigration. But why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?

Lieu de naissance 1941The 1941 canadian census tells us that 65% of canadians born outside Canada were born in another british country or in the United States. Is it any surprise that those english speaking immigrants chose Toronto over Montréal?

Here is another thing that I have found in this 1941 census :

Autres pays européens 1941In the right half of the table, non bristish european countries of origine are listed. It took a while for me to notice, yet, once you see it, it is so obvious. Do you see anything odd?

France and Belgium are not even on the list. Odd.

We said it earlier, Toronto outgrew Montréal thanks to, in large part, international immigration. And I add that it outgrew Montréal thanks to british and english speaking international immigration.

 

 

 

Why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?

In a recent post, I presented a graph that suggested that international immigration to Ontario was more important than migration from Québec to Ontario. Here is another interesting map about this :

Répartition de la population immigrante 1981This map is taken from the canadian 1981 census. One will note that, in 1981, 52,4% of the immigrant population in Canada lived in Ontario, this by far the largest share of the immigrant population. Ontario is followed by British Colombia, 16,3%, and Québec, 13,6%. Ontario historically (and still today) drained the largest share of international immigration to Canada. That’s why, in 1981, 23,6% of the ontarian population was born outside of Canada, which made at the time (and still today) Ontario the province having the largest proportion of immigrants, and greatly contributed to making Ontario the largest province of Canada.

Which still raises the question : why did so many immigrants choose Toronto over Montréal?

When did Toronto outgrow Montréal? Quand Toronto a-t-elle dépassé Montréal? Partie II

Difficile de le dire précisément. Voici cependant encore quelques faits intéressants et éclairants.

Dans les archives des recensements du Canada, on retrouve une carte donnant la densité de la population en 1851,1871, 1901 et 1921.Canadian_pop_from_1851_to_1921

Dans le coin inférieur gauche, un graphique illustre la répartition de la population par province en 1921. On peut y voir que la population de l’Ontario, fortement concentrée entre les lacs Ontario, Érié et Huron, représente 32,4% de la population du Canada et que la population du Québec, fortement concentrée dans les basses terres du Saint-Laurent, représente 26,% de la population.

Distribution de la population canadienne en 1921Un agrandissement de la carte nous permet de mieux voir les basses terres du Saint-Laurent et des Grands Lacs. Chaque petit point rouge sur cette carte représente 1000 personnes. Dans les agglomérations plus densément peuplées, les point sont remplacés par un cercle dont l’aire est proportionnelle à la population en une agglomération donnée.

Le lecteur attentif remarquera que, dans la région de Toronto, plusieurs grands cercles se chevauchent, davantage que dans la région de Montréal. Toronto était déjà à cette époque en train de devenir le centre d’une grappe de municipalités, une métropole au centre d’une conurbation.

Montréal comme telle, seule, était encore plus peuplée que Toronto comme telle, seule. C’est oublier la grande région métropolitaine entourant Toronto sans s’appeler Toronto.

Détail de la carte de 1921Les années vingt, c’est longtemps avant l’élection du Parti Québécois.

When did Toronto outgrow Montréal? Quand Toronto a-t-elle dépassé Montréal? Partie I

Difficile de le dire précisément. Voici cependant quelques faits intéressants et éclairants.

En 1941, la valeur totale des chèques compensés à Montréal était 9,904,907,000$ alors qu’à Toronto le total était de 11,344,826,471$. En 1946, l’impôt sur le revenu perçu à Montréal constituait 17,38% du total canadien alors que les torontois en payèrent 19,34%.

En 1941, il y avait 21,346 personnes employées dans la finance et l’assurance à Toronto et 19,661 à Montréal. En 1939, Toronto était responsable de 56,3% de la valeur totale des transactions boursières effectuées au Canada, tandis que la bourse de Montréal n’en était responsable que de 41,5%.

Les années quarante, c’est longtemps avant l’élection du Parti Québécois.

Source : Grandeur et déclin, L’Élite Anglo-Protestante de Montréal, Margaret W. Wesley, Libre Expression, p. 299 et 300.